L’Architecture du Corps du Cheval
Le corps du cheval est composé d’os, d’articulations, de ligaments, de tendons, de muscles, de tissus membraneux (appelés aussi aponévroses ou fascias), d’organes et de viscères.
L’essentiel de cet article est de comprendre comment tout ce système architectural fonctionne.
Les os : Le squelette osseux permet de donner la structure au corps du cheval. Il est composé de 205 os. Les os se construisent et se remodèlent tout au long de la vie du cheval.
Les articulations : Ce sont les points de mobilité du squelette, des points de jonctions mobiles entre plusieurs os. Les articulations sont constituées, de manière simplifiée, d’os, d’une capsule articulaire, de ligaments. Le squelette du cheval compte environ 185 articulations.
Les ligaments : relient deux os ou deux organes entre eux. Ils assurent ainsi la cohésion et la capacité de mouvement entre les deux. Leur nombre est élevé, on en compte plusieurs par articulation. Ils sont moins élastiques que les tendons, mais plus solides. Ils renforcent et stabilisent les articulations.
Les ligaments sont faiblement vascularisés, ce qui explique que leur temps de cicatrisation est long.
Les tendons : relient les extrémités d’un muscle à un os. Chaque muscle a donc deux tendons, un tendon d’origine et un tendon de terminaison.
Les tendons sont plus élastiques et résistants que les ligaments. Tout comme ces derniers, les tendons ont une faible irrigation vasculaire, ce qui rend leur guérison très longue.
Les muscles : L’appareil locomoteur du cheval compte plus de 480 muscles. Il existe deux types de muscles, striés ou lisses, des chaînes musculaires multiples et des modes de contractions musculaires différentes.
Les muscles sont des tissus mous contractiles. Ils s’attachent de part et d’autre des articulations qui, grâce à eux, bougent de manière active.
Il existe plusieurs couches de muscles, de la superficie à la profondeur. Chaque muscle a un rôle et des fonctions spécifiques, permettent au corps de fonctionner dans son ensemble.
Les tissus membraneux (aponévroses – fascias) : agissent comme une grande toile d’araignée tridimensionnelle qui recouvre l’intégralité du corps et assure un maintien passif de l’ensemble.
Les fascias entourent chaque muscle, chaque articulation, chaque os, chaque organe… Ils permettent à l’ensemble du corps de fonctionner de manière optimale.
Le système fascial soutient le squelette. Si il est en bonne santé, le système fascial limite les compressions du squelette, les phénomènes d’arthrose prématurée, les phénomènes d’usures, de déchirures, les blessures… Tous les tissus sont mieux oxygénés et se soutiennent les uns les autres de manière dynamique et fluide.
Les fascias sculptent la posture et chaque mouvement. Ce sont des structures passives qui participent à la transmission de l’énergie physique.
Une bonne musculature permet :
- de soutenir le squelette
- des mouvements fluides et harmonieux
- soutient les articulations
- limite l’échauffement des tendons, des ligaments, et donc le risque de tendinites, desmites, blessures…
Chaque région du corps se compose de groupes musculaires spécifiques.
Chaque groupe musculaire s’organise en chaînes musculaires.
Chaque chaîne musculaire est régit par le système myofascial, via le réseau des lignes myofasciales.
Il est donc facile de comprendre qu’une douleur localisée à un endroit du corps peut avoir un impact ou son origine à un endroit opposé du corps. De même une problématique physique ou émotionnelle va d’une part, rigidifier et modifier les groupes musculaires de la région impactée et d’autre part, avoir des répercussions sur d’autres endroits du corps. Cette propagation est possible grâce au système fascial.
- des douleurs digestives vont avoir des répercussions sur les systèmes musculaires : digestif – respiratoire – dorsal.
- des problèmes ovariens chez la jument vont impacter les systèmes musculaires : de l’arrière-main, du dos, de l’abdomen, uro-génital, respiratoire.
- des problèmes de pied, de fourbure : vont impacter les groupes musculaires des membres, des épaules, de l’arrière-main, du dos.
- le headshacking, les tics à l’appui : vont impacter les groupes musculaires de la tête, de l’encolure, des épaules, du dos, de l’abdomen, de l’arrière-main.
Le travail musculaire du corps du cheval est passionnant quand on le regarde par le prisme du réseau myofascial.
Chaque région du corps du cheval fonctionne de manière optimale grâce à trois clés : souplesse – force – stabilité, des différents tissus, muscles, tendons, ligaments, articulations, os.
Il est important d’avoir en mémoire que certaines problématiques vont limiter le bon fonctionnement du corps au-delà de la région touchée.
Certains petits traumatismes, certaines tensions légères, les cicatrices, la fatigue, le stress, vont progressivement altérer la mécanique du corps dans son ensemble.
L’intérêt est donc d’apprendre à regarder nos chevaux de manière holistique, quelque soit leur âge – leur discipline sportive – leur mode de vie, en équilibrant au mieux leurs besoins.
Un équilibre subtil est à trouver entre le souffle, la nutrition et le mouvement.